AIDE À DOMICILE : une profession d’avenir

Profession d’avenir : l’aide à domicile

La crise du coronavirus a braqué les projecteurs sur les aidants en général, et plus particulièrement sur ceux qui opèrent à domicile. Cependant, cette profession n’a pas attendu l’épidémie pour monter en puissance. En effet, le vieillissement de la population, l’éclatement des structures familiales et l’explosion des cas de dépendance contribuent à ranger l’aide à domicile parmi les métiers d’avenir.

Aide à domicile : une profession redécouverte à l’occasion de la crise sanitaire

Durant le confinement, de nombreux reportages télévisés ont été consacrés aux aides à domicile. Ils étaient parfois interviewés dans leur véhicule, entre deux visites de patient. Durant cette période, la France ne disposant pas de masques pour tout le monde, ils ont pris tous les risques, et certains ont d’ailleurs attrapé le virus. Aussi sont-ils devenus en l’espace de quelques semaines parmi les professionnels les plus appréciés des Français. Leur ténacité a été plébiscitée durant l’épisode le plus aigu de la pandémie. Pourtant, c’est au moment où cette profession passe la rampe et se fait connaître du grand public qu’elle peine à recruter de nouveaux travailleurs. Comment expliquer cette crise de vocation ?

Aide à Domicile : une profession plus exigeante qu’on ne croit

La première raison de la difficulté de recrutement tient à la méconnaissance de ce métier. Beaucoup se figurent qu’il ne nécessite ni diplôme, ni formation. C’est faux. Contrairement à une idée reçue, les aides à domicile n’ont pas pour uniques fonctions de faire le café et le ménage !

Elles accompagnent les personnes âgées dans leurs activités quotidiennes. Cela passe par les soins de toilette, les achats de produits de première nécessité ainsi que par toute une gamme d’activités de socialisation, comme par exemple l’organisation de parties de cartes. Or, tous ces gestes s’apprennent. A cette méconnaissance s’ajoute le statut mal défini de cette profession. Ni infirmières, infirmiers, ni assistantes sociales, les aides à domicile épaulent les personnes âgées afin qu’elles vivent le plus longtemps possible de façon autonome. 

Une activité injustement sous-rémunérée pour l’aide à domicile

Enfin, la troisième raison de la désaffection dont souffre  la profession est liée à sa pénibilité ainsi qu’à la faible rémunération à laquelle elle donne droit. Les horaires sont souvent harassants. Le temps est compté entre chaque patient. La rareté des actifs induit des délais de plus en plus courts pour accomplir les tâches. Dommage collatéral d’une telle pression : la détérioration de la qualité des rapports entre la personne fragile et le salarié. 

De plus, cette profession demande beaucoup d’investissement et des efforts très variés. Par exemple, l’aide à domicile peut être appelée à fournir un intense effort physique, pour enchaîner ensuite avec un entretien durant lequel la personne dépendante vient se délivrer de secrets très lourds. En effet, le rôle de ces soignants très particuliers consiste souvent à pallier l’absence de liens familiaux ou amicaux. Métier gratifiant, certes, mais souvent lourd à porter, et cela pour un salaire et une reconnaissance sociale sans commune mesure avec le service, matériel et immatériel, rendu. Tout cela explique que la profession éprouve du mal à recruter –surtout que les démissions, à cause de ces inconvénients, sont fréquentes.

Les aidants familiaux de plus en plus nombreux 

Dans le prolongement du tableau de cette profession, touchons deux mots des aidants familiaux que la crise sanitaire a mis eux aussi en lumière. Ils seraient entre 8 et 11 millions en France à porter assistance à un vieux parent, un conjoint, un enfant handicapé ou malade.

Première surprise : la plupart ignorent leur statut !

Aussi n’ont-ils pas conscience la plupart du temps ni des risques, ni des droits qui lui sont liés. Pour eux, mais aussi pour les personnes dont ils prennent soin, il est urgent qu’ils en prennent connaissance afin de vivre leur activité le mieux possible. Car beaucoup d’aidants familiaux ont déjà un emploi à temps plein sur lequel vient se greffer cette aide familiale. 

Cette activité auprès de leurs proches diminués leur fait donc effectuer quotidiennement une double journée de travail ! Pour cette raison, il est nécessaire de sortir du flou statutaire qui entoure leur activité. Certains aidants sont obligés de prendre des temps partiels dans leur profession pour assurer leur activité auprès de leurs proches. Le congé « proche aidant » ne permet pas toujours de régler les situations au mieux des intérêts de chacun, même si cette mesure est la bienvenue. L’indemnité est fixée en effet pour une durée maximale de trois mois, et pour un an sur l’ensemble d’une carrière. 

Le vieillissement de la population, dans ce cas comme dans celui des aides à domicile, changera notre vision de cette activité encore informelle. Tôt ou tard, l’Etat devra revoir à la hausse l’allocation journalière pour ces travailleurs de l’ombre qui contribuent à soulager les hôpitaux. Surtout, cette profession est appelée à monter en puissance du fait que les personnes âgées souhaitent, dans leur grande majorité, vivre leurs dernières années chez elles. 

Jean-Michel Castaing

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Jean-Michel Castaing Auteur pamphlétaire et écrivain toulousain

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