Police bashing vs Loi sécurité globale : un bordel sans nom

Etre policier en 2020, sacerdoce ou corvée

Tant que la la loi de Sécurité Globale ne sera pas retirée complètement, non seulement la tension continuera, mais risquera de s’amplifier au début de l’année 2021, au cours du printemps pour les journalistes comme pour de nombreux français, dès que les mesures sanitaires seront levées. Nul ne peut se réjouir d’un tel cadeau de Noël à retardement pour la liberté en France.

Cependant la grogne couve toujours à nouveau dans les rangs de la police. Sous le feu roulant des critiques depuis les gilets jaunes et après plusieurs affaires, dont l’évacuation d’un camp de migrants place de la République, puis le  » tabassage  »  du producteur Michel Zecler, les policiers s’élèvent contre ce qu’ils nomment la « police bashing ». Bien que les grands médias n’en parlent plus, la grogne est et reste toujours présente.

Police bashing

« Qu’est devenue la Police nationale depuis l’arrivée de Sarkozy, puis de Hollande en 2012, cette police qui se devait d’être la garante des libertés ? Ne mérite-t-elle pas mieux que d’appliquer à la lettre, des lois de plus en plus liberticides et autoritaires ? En pareille situation, peut-on encore parler d’une police républicaine ou ne s’agit-il plus que d’une milice au service de l’autoritarisme d’une poignée de politiciens ? » La question qui revient souvent et qui se pose désormais sur les réseaux sociaux ou la haine du flic devient omniprésente. Les policiers en ont plus que ras-le-bol d’être accusés de tous les maux de la société. 

Aujourd’hui, chacun constate dans son fort intérieur, qu’il n’est plus question pour le peuple d’obéir aux lois auxquelles il a lui-même consenti et de constater que le rôle de sa police n’est plus de protéger les chères libertés acquises aux fils des siècles, mais plutôt de toutes les annihiler, comme le ferait le plus vil des oppresseurs. 

La police n’est pas là pour régler des problèmes politiques 

Tout d’abord, n’en déplaise à messieurs Macron, Darmanin et Castaner, la police n’est pas là pour régler des problèmes politiques.  S’entêter politiquement avec cette loi, c’est sans doute aller vers le chaos. Tout est fait pour que l’on soit et que l’on reste des esclaves en pantoufles. Tu sors sans attestation ou sortie non justifiée, un procès verbal (donc une amende à payer). Tu te gares, PV. Tu roules, radars, flics planqués, PV et retrait de points. Tu filmes, PV. Tout est archi-règlementé. L’état n’est plus au service du peuple, mais contre le peuple. Ceci au nom d’une « sécurité ». Et pour faire régner la sécurité … une seule solution… la Police.

Défiance des citoyens vis à vis de la police

Les forces de l’Ordre, la gendarmerie et plus spécialement les policiers sont au service de l’Etat, certes. Ils sont en 1ère ligne pour faire respecter la loi. Sans même entrer dans la question des bavures et des dérapages, il faut s’interroger sur les raisons du divorce et de la défiance d’avec une partie grandissante actuelle des Français envers la police.

Lois iniques, massivement rejetées par le peuple et toujours imposées par la force. Contrôle permanent des citoyens honnêtes, pour un oui pour un non. Problème de comportement et de formation. Usage d’armes de guerre contre les manifestants. Déni des violences. Politisation extrême. Corporatisme désinhibé  … Faire passer les citoyens pour de dangereux délinquants est une impasse. Contrairement à ce que certains peuvent penser, les Français ne sont pas contre la police, mais contre cette police qui ne veut pas (peut pas?) faire le ménage chez elle et qui minimise toujours les problèmes, sans la moindre remise en question. 

A force, ne risque t-on pas d’avoir en France, le même réflexe comme  aux États-Unis pour un noir, un mex (mexicain) ou un muz (musulman) [pour reprendre leur dénomination intra-caserne] d’avoir finalement peur de rencontrer la police dans la rue. Même un député en France a peur de la police mettant en garde son fils et lui conseillant de faire attention en cas de contrôle de police. Où en sommes nous arrivé à ce stade pour qu’un député puisse dire ceci en France ? 

Que cette police fasse un métier difficile, tout le monde en convient. Mais ce n’est pas le seul métier difficile, loin s’en faut. Contrairement aux forces de l’ordre (qui sont dans la merde au quotidien, à se peler les pieds lors de leurs contrôles et à avoir des odeurs de chaussettes qui puent dans le car), les responsables de cette  » cacaphonie  » sont nos politiciens qui cherchant le buzz médiocre grâce à une nouvelle information fraiche (trop souvent contradictoire avec celle de la veille), font la tournée des plateaux de productions comme des stars du petit écran afin de semer le doute et l’incompréhension des téléspectateurs dans des chaînes télévisuelles qui remettent de l’huile sur le feu pour entretenir soit la haine, soit la peur … bref, tout cela nous interroge.

Police : ni blanc, ni rose chez les bleus

Cependant tout n’est pas ni blanc ni rose chez les bleus casqués. Éborgner ? c’est justifié peut-on entendre place Beauvau ! … Étouffer ? Idem Justifié ! … Tabasser ? Justifié ! … Ne pas diffuser d’images ? Justifié ! Et puis quoi encore ? La liberté de la Presse est mis en danger par des sinistres sires qui de plus ont des affaires judiciaires à leurs basques et personne ne bronche ? jusqu’où l’élastique est-il capable d’être tendu de la sorte avant qu’il ne pète au visage ? Va t-on accepter en France ainsi sous le couvert d’une loi, le renoncement à nos libertés acquises par nos aïeux ?

Que l’on ne se trompe pas de cible, c’est toute l’organisation politicienne de la police qu’il faut revoir, de la cave au grenier, mais surtout et avant tout également l’immense majorité de cette classe politique qui prend depuis quelques années, l’ensemble des ces forces de l’ordre, policiers comme gendarmes, pour des cons, mais aussi un grand nombre de français après s’être fait déposséder de leur vote référendaire aux élections européennes. Comment croire encore à cette classe politicienne de vendus qui ne respecte pas le premier droit des français, le vote ? et après vous voudriez avoir confiance dans cette classe politique qui remet en question elle même les accords de Schengen alors que les Français ont voté contre à 54 %. Voici la raison principale du divorce entre les français et les politiciens corrompus à la sauce européenne. Nous ne pouvons plus croire en cette classe dirigeante actuelle !

Et la Police au Royaume-Uni ?

La preuve, il suffit de regarder en Grande Bretagne  … les policiers ne sont pas armés et portent des caméras piétons, et ce depuis plus de 15 ans.
Vous avez bien lu depuis 15 ans à contrario des policiers français armés avec des caméras très vite hors service la plupart du temps, avec des batteries obsolètes qui ne tiennent même pas la charge 30 mn après être parti du poste, quand elles ne sont pas simplement hors service pour comprendre une partie du vrai problème en France.

On ne parle pas des brigades celles qui sont munis de protection comme des robots-cops, mais de Pinot simple flic qui patrouille en binôme, voire en trio… avec des voitures pas toujours en bonne état. Désolé pour l’image peu glorieuse du Pinot, oh combien réelle et porteuse de l’image du flic de service, que l’on rencontre tous les jours censé protéger le lambda, la veuve et l’orphelin. Bref, tout est fait en amont pour aller au clash avec la population.

La police des voltigeurs est de retour

Sur les Brigades de répression de l’action violente (les fameuses Brav-M du préfet de police de Paris), le policier militant ne retient pas ses coups et prend ouvertement la défense des causes sociales : Suite à la mort de Malik Oussekine le 6 décembre 1986, Charles Pasqua, alors ministre de l’intérieur, non seulement présenta ses excuses en personne à la famille, mais, de surcroît, prit la décision de dissoudre les voltigeurs. 

Depuis le début du quinquennat de Macron, c’est l’inverse qui est pratiqué : on nie les faits, on ne présente jamais d’excuses, (dissimulant dans certains cas la vérité en modifiant des rapports) et hop, on recrée les voltigeurs que l’on rebaptise BRAV-M … qui finalement n’ont jamais disparu !

Avocats, infirmiers, médecins, pompiers et gilets jaunes… même combat

Les policiers sont depuis lors, au service d’un Président de la République qui les utilise pour réprimer avec violence tout mouvement social contestataire tels que ces gilets jaunes fin 2019, mais également les infirmières (pour leurs précarité et leurs conditions de travail), les pompiers (pour l’insécurité et leurs conditions de travail réduites chaque année), les médecins (qui dénoncent le poids des réformes dans un système caduque et exsangue depuis 30, voire 40 ans), et même les avocats (protestant contre les mesures de spoliation de leurs caisse de retraite et le retard accumulé des procédures dans la justice), au lieu de leur permettre de manifester leurs revendications de manière encadrée et sécurisée.

Toutes ces corporations sont donc devenues aux yeux de l’état, et de ses dirigeants, de dangereuses organisations terroristes prêtes à faire tomber l’état jacobin. Facile de voir que cette police est aux ordres d’un pouvoir qui avance et recule montrant la faiblesse de ceux qui tentent de gouverner par la peur et l’oppression.

Vous avez demandé la police? Ne quittez pas !

En outre, se rendre dans un commissariat en France pour une raison quelconque donne un aperçu de la catastrophe. On y est mal reçu, il y est impossible de déposer plainte ou ne serait-ce qu’être « humainement » entendu.

Et si vous êtes une femme … là c’est pire ! et c’est pour cela que de nombreuses femmes ne vont pas porter plainte contre les violences faites par leurs maris ou leurs conjoints … 

Même si l’ordinateur a remplacé les traditionnels Cerfa papier, cette paperasse administratives à n’en plus finir est classée sans suite à 99%. Des agents démotivés exerçant leur métier de façon désabusée. Des policiers devenus des gens tristes, amers, aigris, dans des locaux miteux qui quand ils arrêtent des mineurs délinquants, des voleurs de poules, voire autres cambrioleurs et aigrefins … le lendemain de leurs interpellations ces mêmes personnes sont relâchés par les tribunaux aux ordres du pouvoir …car il ne faut pas faire de vague parmi une certaine population depuis François Hollande surtout quand on s’appelle Léonarda . Depuis la fonction présidentielle a perdu son honneur et sa splendeur. De toute évidence, cela est et reste politique. De quoi faire perdre leur moral des troupes …

Voilà la réalité sans fard … . Des agents de police apeurés et instrumentalisés, qui ensuite laissent exploser leurs frustrations lors des interventions, avec des conséquences dramatiques au boulot (ou en repos comme à Magnanville).

Une hiérarchie lâche, ne voulant pas faire de vagues, principalement préoccupée à plaire au Préfet en place et au ministre de l’intérieur que l’on change au grès des bavures policières, voire des bouffonneries éthiques et autres diarrhées cholériformes verbales de son prédécesseur. Une BAC, une BRAV M et des CSI en roue libre. Des préfets hors-sol qui ne touchent plus terre, la plupart du temps le petit doigt sur la couture du pantalon de cérémonie officielle en espérant ne pas se faire muter au Vaziland (un bled paumé entre la Creuse et le haut Gard) . Voilà les chantiers devant lesquels les français soucieux d’une République plus juste envers le contribuable, devront faire face. Ces chantiers sont immenses. Et qu’on le veuille ou non, ils sont et restent incontournables. 

Politicien versus Police

Oui, nos députés et nos politiciens sont trop lâches pour aborder le vrai problème de notre police française. Des pleutres qui ferment les yeux et qui se complaisent dans les dorures et le velours de l’assemblée, tels ces généraux de la honte envers nos soldats de 14-18 laissant aller au front, nos poilus, ces troufions militaires comme de la chair à canon. Sûrement que tous nos politiciens ne sont pas comme ça, du moins on l’espère, mais à l’ère du président Macron, ceux qui crieront au scandale seront vite rembarrés dès qu’ils l’ouvriront lors de leurs temps de prises de paroles (par exemple à 4h du matin lorsque l’hémicycle sera vide), car ils gêneront à coup sûr leurs « amis politiques  » plus haut perchés dans leurs partis respectifs comme aux perchoirs des deux assemblées, tels des coqs de basse-cour sur un tas de fumier.

Police : Révolution ou désobéissance ?

Tous les policiers qui en ont ras-le-bol, doivent à notre avis s’adresser aux responsables de ce chaos, en l’occurrence l’exécutif, en bloquant eux même les portes de l’Assemblée Nationale par exemple, qu’ils déposent des demandes de ruptures conventionnelles, voire tout simplement qu’ils rendent leurs armes symboliquement devant l’Elysée et ce face aux caméras des chaines tv étrangères, pour montrer le désaccord entre notre police et l’exécutif, car s’il y a un grave problème politique en France, la police et les forces de l’ordre en règle générale, ne sont pas là pour le régler. La déliquescence de l’autorité a touché en pleine face les forces de l’ordre après les secteurs de l’école, de la famille, des hôpitaux …

IGPN : Police des polices indépendante ?

Quant à l’IGPN, cette police des polices, elle n’est pas indépendante. tout le monde le sait … Nul besoin de développer davantage puisqu’elle dépend directement du ministère de l’intérieur et donc des politiciens et de la politique du gouvernement. Commençons par avoir une inspection neutre et impartiale gérée par des juges et des représentants de la société civile pour être reconnu comme une entité respectable et respectée.

Le climat anti-flic est particulièrement présent en ce moment sur le web. L’amalgame est facile. On met tous les policiers dans le même sac et sont décrits comme violents et racistes. Moralité : les policiers ont peur, autant que les français qui les rencontrent dans la rue. La question de fond reste politique et ce sont nos politiciens qui sont responsables de cette situation instaurant des lois contre la population, avec des policiers au front pour tenter de calmer la colère grandissante souvent légitime. 

Doit-on vous rappeler que la première cause de mortalité des policiers en fonction est le suicide ? Depuis l’élection présidentielle d’Emmanuel Macron, c’est quelques 150 vies sacrifiées.

Nous, on n’oublie pas et on ne peut pas oublier le meurtre djihadiste d’un couple de policiers à leur domicile en 2016, dans les Yvelines, à Magnanville. D’ou le trouillomètre à zéro grandissant quand certains Pinots quittent l’uniforme pour rentrer à la maison… et de comprendre que ce projet de loi (ficelé comme un rôti brulé que l’on aurait mis trop vite dans un four à 400 °) sert bien plus les intérêts politiques de l’oligarchie en place, mais pas Pinot Simple Flic.

Suffit de se rappeler comment le pays fût géré (entre autre) depuis le quinquennat de Hollande pour les hôpitaux, la suppression de la « pol prox » la police de proximité instaurée à partir de 1998 par le gouvernement de Lionel Jospin et globalement supprimée à partir de 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur du gouvernement Jean-Pierre Raffarin et la crise sanitaire du Covid-19 pour Macron qui promet tout et finalement ne fait rien pour comprendre et surtout éteindre le malaise.

Sécurité : 15 ans de perdu

Tout cela montrant que nous avons perdu 15 ans sur la sécurité, ceci pour des raisons purement politiques puisque Macron remet au centre de sa politique, la police de sécurité du quotidien (PSQ) ! Que de temps perdu et de déception dans les rangs des forces de l’ordre. mais aussi pour les français de base qui se font égorger dans les églises, dans les rues ou poignardés dans les places de Montpellier, Marseille et Paris.

Si on faisait un impôt sur la connerie des politiciens actuels en France, non seulement on rembourserait la fameuse dette, mais on aurait de quoi exporter et donner à l’Europe, tant on est fort dernièrement dans le domaine de l’insécurité mis à mal, non pas par les policiers et les forces de l’ordre, mais par la guerre fratricide des oligarques et autres dirigeants fonctionnarisés des partis politiques au pouvoir et ce, au détriment de la sécurité des français, des dessinateurs de presse et de la justice en France.

Thierry Jirkovsky

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Thierry Jirkovsky Journaliste Reporter d'Images - Rédacteur en Chef de Tv Languedoc

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