Coronavirus : Doutes, mensonges et disparitions en Chine

45 000 urnes funéraires seulement pour la ville de Wuhan alors que la Chine ne parle officiellement que de 3200 morts dans le tout le pays ?Houston on a un problème … ;-(

Les faits : Pendant l’épidémie, les morts ont été incinérés immédiatement, sans cérémonies et sans préciser la cause du décès. Maintenant, les membres de la famille attendent d’enterrer les urnes contenant les cendres de leurs proches.

Disparitions des lanceurs d’alertes du coronavirus

Après deux mois de confinement et une levée progressive de celle-ci la semaine dernière, les habitants de Wuhan, épicentre de la contagion du coronavirus faisaient jusqu’à cinq heures de queue pour récupérer les urnes funéraires de leurs disparus.

Des urnes ont été livrées par milliers aux crématoriums de la ville, en nombre bien supérieur à celui des décès, montrant de ce fait, un réel problème de véracité des chiffre.

Environ 45 000 urnes ont été distribuées rien qu’à Wuhan. Le nombre de décès par coronavirus en Chine est délibérément sous-estimé. Aux jours de pic de l’épidémie, les fours crématoires fonctionnaient 19 heures par jour.

Un docteur lanceur d’alerte accusée d’avoir nui à la stabilité de la ville

Le Dr Ai Fen aurait disparu après avoir critiqué la prise en charge par la Chine de l'épidémie de coronavirus

Le Dr Ai Fen aurait disparu après avoir critiqué la prise en charge par son pays de l’épidémie de coronavirus

Le docteur Ai Fen, médecin faisant partie du groupe des lanceurs d’alerte après avoir donné une interview à un magazine a été depuis réduite au silence. (Les photos du médecin ne sont plus disponibles sauf dans la mémoire du web.)

Au matin du 2 janvier, le docteur Ai Fen a été convoquée et sévèrement réprimandée par le directeur de l’hôpital, après avoir tenté d’alerter ses collègues.

“ J’ai subi une réprimande très sévère et sans précédent, a-t-elle confirmé. J’ai été stupéfaite… Comme si à moi seule, j’avais réduit à néant la prospérité de la ville de Wuhan”, rapporte-t-elle.
«On m’a demandé de n’en parler à personne, même pas à mon mari. J’avais l’impression que, à moi toute seule, j’avais ruiné l’avenir de Wuhan. J’étais désespérée», explique-t-elle le 10 mars dans une interview accordée au magazine chinois «People».
«Si mes collègues avaient été prévenus plus tôt, ils ne seraient pas morts. Si j’avais su comment l’épidémie allait évoluer, je serais passée outre la réprimande. J’en aurais parlé partout», affirme-t-elle encore.

Des propos graves et inacceptables pour le gouvernement, qui décide de censurer le magazine, publié le même jour que la visite triomphante du président Xi Jinping à Wuhan. Depuis, elle a « disparu ».

Incinération rapide des victimes du coronavirus sans cérémonie funéraire

Des centaines, voire des milliers de personnes font la queue devant les salons funéraires de Wuhan pour récupérer les urnes avec les cendres de leurs défunts décédés dans l’épidémie de coronavirus lors de l’isolement forcé de la ville.

Tous ceux qui sont morts au cours de l’épidémie ont été immédiatement incinérés, sans aucune cérémonie funéraire et sans préciser les causes du décès. Les membres de la famille ont dû attendre l’avis des autorités pour récupérer les cendres de leurs proches.

Coronavirus : Un retour à la normalité façon communiste

Au bord d’une profonde crise économique, la Chine fait pression pour rétablir la normalité du pays et a prévu la réouverture des communications à Wuhan le 8 avril. Un signe de cette « normalité » est la collecte d’urnes par des proches en préparation de la fête de Qingming, le 4 avril, lorsque les tombes du défunt sont à l’honneur.

Les longues files d’attente devant les salons funéraires provoquent la question du nombre de décès dus aux coronavirus. Jusqu’à présent, la Chine n’a signalé que 3298 décès.

Le nombre exacte de victimes du coronavirus ne sera jamais connu

Après des mois de confinement, une photo postée par un utilisateur de Weibo @ 毛大庆 et depuis sur tous les réseaux sociaux montre une longue file devant le salon funéraire de Hankou (Hankow), un quartier de Wuhan, pour récupérer les cendres des membres de leur famille.

Doutes ou mensonges sur les chiffres des victimes chinoises ? 45 000 urnes funéraires seulement pour la ville de Wuhan alors que la Chine ne parle officiellement que de 3200 morts du coronavirus dans tout le pays.
Doutes ou mensonges sur les chiffres des victimes chinoises ? 45 000 urnes funéraires seulement pour la ville de Wuhan alors que la Chine ne parle officiellement que de 3200 morts du coronavirus dans tout le pays.

Récupération des cendres sous surveillance

Les commentaires en ligne indiquent que les gens ont dû attendre des heures pendant que les policiers de la sécurité publique et des policiers en civil regardaient que personne ne prenait de photos. Pour prendre les cendres de leur défunt, les membres de la famille devaient être escortés par des membres du personnel du salon funéraire ou des fonctionnaires de la ville. Les commentaires parlent d’une  » forme de surveillance ».

Le magazine Caixin note que la file d’attente devant le salon funéraire de Hankow était d’environ 200 mètres de long : des milliers d’urnes vides ont été déchargées d’un camion et empilées dans le salon funéraire.

Des chiffres du coronavirus  » sous estimés « 

Une autre  » salle funéraire  » à Wuchang (un autre quartier de Wuhan) a annoncé que les membres de la famille pourraient venir récupérer les urnes avec de la cendre à partir du 23 mars. Le salon funéraire prévoit d’en distribuer 500 par jour, jusqu’à la période de Qingming (qui correspond aux deux premières semaines d’avril). Cela signifie environ 6500 urnes tout au long de cette période.

Wuhan a sept salons funéraires: s’il est calculé que chacun d’eux distribuera des urnes au même rythme que celui de Wuchang, cela représente environ 45 500 urnes pour la seule ville de Wuhan.

Un journaliste de Caixin a déclaré plus tôt que les fours de crémation du salon funéraire fonctionnaient 19 heures par jour en février.Peut-être que tous ces décès ne peuvent pas être attribués directement au coronavirus, mais il est presque certain que les chiffres officiels sont volontairement sous-estimés.

Disparitions de journaliste, homme d’affaire et avocat lanceurs d’alertes sur le Coronavirus

Disparition des deux lanceurs d'alertes du coronavirus, le  journaliste Chen Qiushi  et de l'avocat Fang Bin
Disparition du journaliste Chen Qiushi et de l’avocat Fang Bin

Trois personnes ont disparu, Li Zehua Fang Bin et Chen Qiushi : eux aussi travaillaient à Wuhan. Li Zehua a rapporté sa visite au salon funéraire de Qingshan entre 10 et 23 heures. le 19 février alors que les crématoires étaient toujours en activité. Leurs photos et vidéos des files d’attente dans les salons funéraires et les cimetières sont bloquées sur les réseaux sociaux.

Depuis le 6 février 2020, l’avocat devenu journaliste-citoyen chinois #ChenQiushi à #Wuhan est porté disparu et provoque des questions. Personne ne sait où il se trouve

Dans sa dernière vidéo, diffusée en direct le 4 février, Chen Qiushi interviewait un résident de Wuhan dont le père était décédé du coronavirus. Depuis le 6 février 2020, ses proches sont sans nouvelles de lui, et son compte sur le réseau social Weibo a été supprimé.

Chen Qiushi continuera son combat tant qu'il sera en vie

Li Zehua, un ancien présentateur de télévision de télévision en circuit fermé venu à Wuhan en tant que pigiste pour faire un reportage sur l’épidémie, a été arrêté et il n’y a eu aucune nouvelle de son sort depuis plus d’un mois. Toutes ses vidéos misent en ligne montrant de longues files d’attente de personnes à l’extérieur du cimetière ont été censurées et supprimées.

Fang Bin (方斌), un ancien homme d’affaires, habitant de Wuhan, reconverti en journaliste indépendant, avait lui aussi décidé de défier la censure mise en place par les autorités et de faire toute la transparence sur la crise affectant sa ville.

Son premier reportage vidéo date du 25 janvier. Postée sur YouTube, les images filmées dans un hôpital de Wuhan, il explique la surcharge des hôpitaux, il compte et publie notamment des images des corps des victimes de la maladie, disposés dans des sacs mortuaires, empilés dans des camionnettes transformés en corbillards de fortune.

On suit Fang Bin dans les couloirs de l’hôpital, où il rencontre un homme en sanglots. « C’est mon père », gémit ce dernier, prostré devant la dépouille d’un homme âgé que les médecins n’ont pas pu ranimer.
Au début du mois, la police vient frapper chez lui pour le placer « en quarantaine ». Il refuse et se voit confisquer une partie de son équipement électronique. Le 9 février 2020, il a été arrêté à son domicile par des policiers en civil sans aucun mandat. Aucune information n’a depuis été fournie à ses proches.

La peur engendrée par la dictature communiste, les camps de prisonniers et les méthodes intimidantes de la police chinoise ont certainement contribué à maintenir un confinement strict à Wuhan. Difficile de savoir combien de Chinois ont, comme eux, disparu.

Contrairement à Chen Qiushi et Fang Bin, de nombreux lanceurs d’alerte et critiques du pouvoir ont été arrêtés sans attirer l’attention des médias occidentaux. Il est bon de rappeler que la Chine se situe au 177e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2019.


Pétition en ligne

Une pétition pour la libération de ces lanceurs d'alerte est en ligne 

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