Politique écologique européenne : Principaux axes

Les principaux axes de la politique écologique européenne

L’Europe a arrêté les axes principaux de sa politique du climat. La volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre demande en effet des mesures concrètes. C’est ainsi que la Commission européenne entre dans le « dur » de son projet écologique. Examinons en détail les principales mesures de  cette politique ambitieuse.

Fin des moteurs thermiques

L’Europe désire mettre fin au moteur thermique pour les automobiles. En théorie, seuls les véhicules « zéro émission » seront autorisés à être commercialisés en 2035. Ce délai sera-t-il tenu ? Rien n’est moins sûr. La montée en puissance des moteurs électriques ou à hydrogène ne résout pas l’équation complexe de la transition industrielle et du chômage qu’elle induit. La Commission plaide pour le développement d’un réseau de bornes de recharge très serré. Cependant, ce tout électrique pourra-t-il faire l’économie de la relance de l’énergie nucléaire ? On touche là les contradictions de cette politique.

Taxes sur le kérosène

Ici, ce sont les transports aérien et maritime qui sont visés avec cette mesure. Ils représentent en Europe 25% des émissions de gaz à effet de serre. Il est prévu de pousser les constructeurs et les compagnies aériennes à augmenter la part de biocarburants pour les avions. Le projet de taxer le kérosène se heurte toutefois à de fortes résistances, même si le fret et l’aviation d’affaire devraient être épargnés. En ce qui concerne les navires de passagers et les porte-conteneurs, les compagnies qui les exploitent seront incitées à opter pour une alimentation électrique à terre ou pour une autre énergie. Ces moyens de transport  consomment en effet des hydrocarbures liquides très polluants.

Plan de reforestation

En agriculture, il est prévu  de réduire l’émission de carbone par les « puits naturels » : sols, forêts, prairies, haies, etc. L’Europe tient également à réduire drastiquement les émissions issues de l’élevage et des engrais. En outre, un plan de reforestation de trois milliards d’arbres a été validé.

Réduire l’énergie consacrée au chauffage

Un système de quota de CO2 pour le chauffage des bâtiments est à l’étude. S’il est appliqué, les factures risquent d’augmenter. Comment aider les ménages les plus modestes à supporter ce surcoût ? La Commission planche à ce sujet sur la création d’un Fonds social pour compenser cette mesure très critiquée.

Accélérer le recours aux énergies renouvelables

C’est le dernier volet de cette politique écologique. Eolien, solaire et biomasse : c’est le saint triptyque du renouvelable. L’objectif est de parvenir à 32% d’énergies renouvelables d’ici 2030. Dans beaucoup de pays, l’éolien suscite des résistances. La biomasse, quant à elle, est promise à un bel avenir à condition de construire des centrales alimentées par des granulés ou des copeaux de bois.

Lutte d’influence entre la France et l’Allemagne

Reste l’inconnue de l’énergie nucléaire. Les uns assurent qu’elle est la moins polluante, celle qui rejette le moins de gaz à effet de serre, les autres critiquent sa dangerosité. Les partis écologistes la rejettent unanimement. Les arbitrages se feront pays par pays.

Sur ce plan, la lutte d’influence entre la France et l’Allemagne fait rage. Nos voisins d’outre-Rhin se font les thuriféraires forcenés de l’éolien et du gaz. Leur électricité provient majoritairement des centrales à charbon. La France, de son côté, veut défendre son excellence dans le domaine nucléaire. Les préconisations des deux pays divergent en raison de leurs intérêts. Dans sa campagne de lobbying, l’Allemagne a réussi à gagner à sa cause les principaux partis et associations écologiques.

Il reste encore l’épineuse question des biens importés dont la production ne respecte les normes écologiques. L’Europe sera-t-elle en mesure de se défendre face à ce dumping ? Si elle est la seule à jouer le jeu pour la réduction des gaz à effet de serre, ne risque-t-elle pas de continuer à tenir le rôle d’ « idiot du village mondial » ? Là se situe l’un des enjeux de la coopération internationale.

Dans cette même perspective, il ne faudrait pas que la transition écologique s’effectue au détriment du social. Souhaitons que les fins de mois ne deviennent pas les otages de la fin du monde !

Jean-Michel Castaing

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Jean-Michel Castaing Auteur pamphlétaire et écrivain toulousain

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