Yellow Submarine a perdu son dernier papa…

Pepperland pleure le papa du yellow submarine

Robert Balser, le directeur de l’animation du film  » Yellow Submarine  » des Beatles, est mort à 88 ans. Complêtement passé inaperçu par la vague de décès dans le monde culturel, un des deux papas du sous marin jaune a laissé tomber par terre son crayon ce 4 janvier et ne l’a jamais ramassé.

L’animateur qui a co-dirigé en 1968 les séquences de dessins animés de film de d’animation musicale Yellow Submarine des Beatles, est décédé le 4 Janvier dans un hôpital de Los Angeles, suite à des complications d’une insuffisance respiratoire à l’âge de 88 ans.

Yellow Submarine a été le premier long métrage de Robert Balser dans une carrière qui allait finalement le propulser sur cinq décennies. Lui et l’animateur et co-réalisateur Jack Stokes (décédé en 2013), ont dirigé une équipe de 200 artistes dans la création du voyage un peu « trippy* » de la bande dessinée « les Beatles à Pepperland pour lutter contre les Blue Meanies  » une énorme production qui a duré 11 mois et plus d’un million de $ (pour rappel …en 1968).
(* trippy est un terme pour désigner un effet ressemblant ou induisant l’effet hallucinatoire produit en prenant une drogue psychédélique.)

Ce que l’on ne sait pas sur ce film …

Lorsque Balser et son groupe qui comptait déjà 40 écrivains et artistes ont commencé à recueillir 200 personnes de plus dans de minuscules studios d’animation TVC de Londres à l’été 1967, ils n’avaient pas de script … seulement une vague directive de travailler hors des chansons des Beatles. Le groupe des 4 de Liverpool à la hauteur de sa popularité, ne voulait rien à voir avec le film à ce moment là …

La raison en est simple …Le groupe des Fab Four détestait une série de dessin animé des Beatles que TVC et King Features (qui a produit « Yellow Submarine ») avaient fait pour la télévision américaine et signé sur le film uniquement pour exécuter une obligation contractuelle. Les Beatles ont contribué à quatre nouvelles chansons, mais sont restés loin des studios jusqu’à ce que le  » sous-marin « s oit presque fini. Et les quatre de Liverpool sont revenus sauter à pieds joints pour filmer une petite partie promo pour la fin du film, partie que l’on découvre dans cette bande annonce sous titrée en français.

Au départ du projet Yellow Submarine…

De nombreux étudiants ont gonflé l’équipe. « Nous avons vidé les écoles d’arts de Londres pour travailler la peinture de nuit sur des cellulos d’animation » explique Robert Balser « et ont travaillé frénétiquement pour terminer en 11 mois ce film – un rythme effréné pour un film d’animation, en particulier dans une ère pré-informatique quand tout était fait à la main »

« Quand je suis arrivé sur le film sur le premier jour je l’ai dit, OK, que faisons-nous? » Robert Balser rappelle. Ils ne savaient pas quoi faire. Je leur ai dit « Au moins nous savons que nous devons utiliser les chansons des Beatles et faire un voyage dans un sous-marin jaune »

Une équipe internationale

Heinz Edelman, artiste tchécoslovaque, est venu avec l’idée principale du film … le bien contre le mal et les Blue Meanies (ces fameux gants bleus adorant le mal). Etaient présent des écrivains classiques de Yale comme le professeur Erich Segal, qui écrira plus tard un blockbuster, le roman pop « Love Story », et un jeune inconnu non crédité nommé Roger McGough, qui allait devenir un des plus célèbres poètes de l’Angleterre. Que du beau monde derrière Yellow Submarine …

Tous ont aidé à produire un film plein de blagues et de références érudites classiques – comme lorsqu’explose Pepperland, le chef de Blue Meanie dit dans des gloussements, « je n’ai pas autant ri depuis Pompéi » et lorsqu’un chien à quatre têtes qui semble calqué sur Cerbère, garde l’entrée à Hadès.
Bien sur, cela peut paraître un peu décalé en 2016, voir as been, mais en 1967 … c’était avant gardiste de se prononcer ainsi.

« Tous ces animateurs ont apporté et produit une quantité importante en techniques avec comme résultat beaucoup de dessins pendant qu’ils expérimentaient « explique Robert Balser, et de préciser un détail « près d’une heure d’animation pour « Lucy in the sky with Diamons « , avec en résultat une séquence de quelques minutes, une vrai folie »

A 85 ans, Robert Balser expliquait  « Yellow Submarine » est le résultat d’un effort de création décomplexée qui était improbable à cette époque des seventies et serait impossible dans une entreprise du monde du divertissement d’aujourd’hui.»  (Robert jure que son équipe a été alimentée par rien de plus que le whisky et de l’imagination.)

« Aujourd’hui vous ne pourrez jamais obtenir la liberté que nous avions », dit Balser à propos de l’aventure Yellow Submarine.

robert balser
Robert Balser

Lorsque Robert Balser a revu ses travaux manuels, plusieurs années après avoir terminé sa carrière, il a remarqué beaucoup de choses à corriger et a pensé qu’il aurait pu faire mieux. Mais il a également vu que ces erreurs n’avaient pas vraiment d’importance.

Je pensais « Ceci est un film vraiment amusant … voilà la chose, je pense, le maintenir pendant une longue période. Il reste un film vraiment, vraiment amusant »

« Nous ne disions pas que nous allons faire de cette façon, comme ceci ou comme ça, à cause de ceci ou cela,  ça c’est juste réalisé… »

« Le résultat est que je vois comment cela fonctionne de nos jours, avec des petits enfants et avec des adolescents et comment il est gravé dans la mémoire des personnes âgées. Je pense qu’il résonne et résonnera aujourd’hui encore longtemps, mais je ne sais pas pourquoi »

Yellow Submarine a servi de tremplin 
Après Yellow Submarine, Balser a ouvert sa propre société de production à Barcelone, en Espagne, où il a produit la série de télévision tels que The Jackson 5, et le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, ainsi que Peanuts pour CBS, Barney pour la BBC, Les Triplettes de HBO , et plein d’autres. Il a également dirigé le segment « Den » sur le long métrage d’animation 1981 classique, Heavy Metal. En plus de diriger un studio de production et de l’école à Barcelone pendant des décennies, Balser a également servi en tant que membre du conseil de l’ASIFA international de 1978 à 1994, et a aidé à lancer ASIFA-Espagne en 1980.

Comme quoi … savoir dessiner …

Le monde de l’animation lui a rendu hommage dans la presse spécialisée.

L’histoire de Yellow Submarine

Le film raconte l’histoire de Pepperland, un « paradis surnaturel » qui est envahi par les Blue Meanies (les gants bleus), monstres dirigés par un chef de fausset à la voix bulbeuse et sinistre. Ils changent le peuple de Pepperland en statues pétrifiées grises et écrasent toute joie et de musique. Un Pepperlander (habitant du pays de Pepperland) s’échappe dans le véhicule de titre en Angleterre (un endroit terne un peu comme sa maison en ruines) et réussit à convaincre les Beatles de venir les aider. Ils voyagent à travers un océan merveilleux, où ils vont et viennent dans le temps, rencontrent des monstres impossibles et rencontrent l’homme de nulle part (nowhere man). Ensembles, ils apportent de nouveau la musique et la vie à Pepperland. Le film se termine dans une explosion triomphante de la couleur avec comme mouvement rythmique pour le happy end (la fin heureuse) du film, la chanson « All You Need is Love. »

A propos de l'auteur

Thierry Jirkovsky Journaliste Reporter d'Images - Rédacteur en Chef

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