Cambacérès et la gastronomie

Montpelliérain illustre, mais méconnu … Jean Jacques Régis de Cambacérès fût la vedette centrale de la soirée de la gastronomie qui eut lieu au château de Castries, le 28 septembre 2014.

Florian Mantione, président du Cercle Montpellier Cambacérès et fédérateur de cette soirée a eu la bonne idée, lors de cette fête de la gastronomie 2014, d’inviter un conférencier de renom en la personne de Kilien Stengel, auteur prolixe d’une quarantaine de livres, qui nous présente son dernier ouvrage sur la gastronomie  » La cuisine française au patrimoine de l’humanité – traité de la Gastronomie Française « .

Il était secondé pour ses explications historiques, par un autre journaliste talentueux spécialisé dans la gastronomie, l’œnotourisme et la sommelerie, Claude Journo, pour parler de l’art culinaire autour de ce personnage célèbre que fût Cambacérès.

Ce dernier, languedocien de souche, commença son illustre carrière comme avocat, puis maire de Montpellier, mais pas seulement. Mais pourquoi Cambacérès fût il élu Prince des Gastronomes ?

CAMBACERES
Ce languedocien, grand gastronome français, fût reconnu et consacré Prince des gastronomes par Grimod de La Reynière et Napoléon Bonaparte lui-même.

Si le monde entier connait Napoléon, peu de gens connaissent Grimod de la Reynière … qui était il ?

Grimod de la Reynière était l’un des premiers journalistes  » alimentaires  » mondiaux et l’un des premiers critiques gastronomiques. Cinglant, sacarstique et plein d’esprit dans ses observations, maniant l’humour dans ces descriptions, Grimod a écrit le « Manuel pour les hôtes» («Manuel des amphitryons ») et a publié les  » L’Almanach des gourmands » annuels au début des années 1800 à Paris. Grimod avait eu l’idée de faire l’almanach d’un amoureux de la nourriture. Il fourni à l’époque le premier guide des restaurants qui ont été diffusées pour la première fois dans l’histoire, reconnu par certains comme l’ancêtre du Guide Michelin. De 1803 à 1812, il a publié huit volumes de L’Almanach des gourmands, un par an. Comme une façon de faire de la recherche pour l’almanach, chaque mercredi, il a invité douze amis pour un dîner qui pouvait durer pendant plus de cinq heures. Pendant ces repas, ces amis ont goûté la nourriture envoyé par les traiteurs, et les ont jugé. Ces livres étaient à la fois la critique de la nourriture et également les guides de restaurants.

A savoir que cet almanach des Gourmand devait être attribué avant sa parution à Cambacérès et que pour diverses raisons multiples et surtout politiques, ce dernier refusa cette dédicace aux vues des nombreuses fonctions étatiques, consulaires et régaliennes en cours qu’il exerça. Il accepta plus facilement qu’on le surnomma Prince des Gastronomes, lui qui restait un paradoxe vivant entre Consultat et Royauté, se faisant même appeler son altesse en privé, tout en étant second consul derrière Napoléon Bonaparte. C’est ainsi que son assistant, Monsieur d’Aigrefeuille, grand maitre des cérémonies gustatives et assistant de Cambacérès s’est vu attribué la dédicace de ce livre.

On retrouve trace de cette dédicace dans un ouvrage de 1818 dont on peut lire l’extrait ci-contre.
Lorsque Grimod de la Réynière eut fait son Almanach des gourmands, il avait le projet de le dédier à Cambacérès ; comme au plus digne favori de Comus. Mais des amis lui firent observer que son altesse (Cambacérès ndlr) n’entendait pas plaisanterie, et que cet hommage rendu publiquement à sa cuisine, pourrait lui attirer quelque fâcheuse affaire. Il se rabattit donc sur le majordome de monseigneur, et l’almanach fut dédié à d’Aigrefeuille.
Extrait de : Mémoire et Anecdote sur La Cour de Napoléon Bonaparte – 1818.

Quand à Jean Jacques Régis de Cambacérès, personnage central de ce reportage, il fût avocat, maire de Montpellier, mais aussi consul de France, auteur du code civil,  … et bras droit de Napoléon. Pendant que ce dernier guerroyait en Europe jusqu’aux pieds des pyramides et s’embourbait en Russie avec sa Grande Armée, Cambacérès gouvernait la France en son absence.

Sous la Royauté, Cambacérès fût avocat conseiller à la Cour des Comptes, Aides et Finances, de Montpellier en 1774
Sous la Révolution, conseil municipal de Montpellier, puis procureur syndic du district pour finir président du tribunal criminel de l’Hérault.
Sous le Directoire, il fût ministre de la Justice, puis devint président de la Convention.
Sous la Convention nationale, il fût successivement député de l’Hérault, puis chargé en 1793 de la classification des lois et de leur réunion en un seul corps et de la rédaction du Code civil des Français.
Sous le Consulat, il se tenait derrière Napoléon comme second Consul, en 1083 il entra comme membre à l’Académie française,
Sous l’Empire, prince-archichancelier, Prince de l’Empire et duc de Parme, grand maître du Grand Orient de France etc, etc …

Il est à noter qu’à la manière des 18 ème et 19 ème siècles, un traiteur de renom présenta lors de cette soirée du Cercle Cambacérès, un dîner somptueux, agrémenté de la cuvée Cambacérès, fût servi à la centaine d’invités, avec une mise en bouche sur des premières bulles de Limoux de Sieur d’Arques.

CLAUDE JOURNO
Un grand remerciement à Claude Journo …  journaliste gastronome, créateur de la revue Comus & Bacchus, qui apporte à ce reportage une valeur historique sur Cambacérès, illustre personnage de l’état, mais méconnu des français. Il est d’ailleurs à noter qu’en novembre 2014, lors d’un colloque de l’Amoma à Saint Christol (hérault) sur le site de Via Vino, Claude Journo a été récompensé par le Ministère de l’Agriculture et a reçu la cravate (l’insigne) de Commandeur du Mérite Agricole, pour ses nombreux ouvrages et actions sur la défense de la gastronomie française, l’œnotourisme et la sommelerie.

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