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Nouveau scandale alimentaire en Languedoc ? 2

Un scandale alimentaire de plus !

Une suspicion de présence d’éléments toxiques, Thallium, plomb, arsenic, cadmium, antimoine, dans la chaine alimentaire destinée à l’homme, nous a mis en alerte au vu de certains documents qui nous ont été adressés par courrier.

De ce fait , nous ingérons ces métaux toxiques en consommant des animaux d’élevage nourris avec des granulés contaminés. En plus des animaux destinés à notre consommation, cette contamination touche les fruits et légumes par le biais des substances destinées aux engrais, mais également touche nos animaux domestiques, par le biais des croquettes, granulés et des boites pour chiens et chats.

Pollution toxique en Cévennes

Dans la région touristique des Cévennes en Languedoc, une énorme pollution sévit depuis des décennies. La carrière de Ferrières à Thoiras (Gard) produit des minéraux comportant des produits toxiques, or les autorités préfectorales ne reconnaissent pas leurs existences dans la chaine de consommation humaine. Pourtant, un document émanant de la société qui exploite cette carrière le prouve .

25 % des produits finis sont à destination de l'alimentation animale (extrait du document demande de mise a jour administrative usine traitement)

25 % des produits finis sont à destination de l’alimentation animale (extrait du document demande de mise a jour administrative usine traitement)

Sur le document du Groupe MEAC datant d’avril 2002, il est noté que 25 % de la production de cette carrière sont utilisés pour des engrais agricoles ou alimentation animale (granulé) destinés à la viande de consommation. (mais également pour la fabrication de croquettes pour nos animaux de compagnie).

Pollution extrême du site

Rapport accablant de deux chercheurs du CNRS

Un rapport accablant (18 juillet 2016) sur une pollution extrême a été émis depuis plusieurs années, par deux chercheurs du CNRS, André Picot et Jean-François Narbonne, toxico-chimistes reconnus, à destination de la Préfecture de Gard, afin d’alerter les autorités sur la pollution des sols, de la poussière et des eaux à Thoiras et Saint Félix de Pallières.

Extrait 1 de la lettre des chercheurs CNRS au préfet-

Extraits de la lettre des chercheurs CNRS au préfet

 

Problématique de la carrière de la Ferrière

Second extrait de la lettre au préfet

Extraits de la lettre au préfet (suite)

 

Démenti du Préfet du Gard

Dans une lettre de réponse écrite par le préfet du Gard, concernant ces alertes de pollution émis par ces deux chercheurs du CNRS et par un expert nommé par le tribunal de Nimes, nous pouvons relever l’affirmation suivante : « Contrairement à ce que vous affirmez, les produits de cette carrière ne sont à destination d’aucune filière alimentaire, mais uniquement aux marchés des centrales à béton et travaux public. »

Affirmation du préfet qui précise la commercialisation des produits de la carrière ne sont pas destinés aux filières animales

Affirmation du préfet qui précise que la commercialisation des produits de la carrière n’est pas destinée aux filières animales

Preuves par documents

Par cette lettre datée du 5 septembre 2016, le préfet du Gard stipule que la carrière ne commercialise pas d’éléments pour la chaine alimentaire. Pourtant des documents antérieurs à la date de la lettre du Préfet prouvent le contraire !

En effet, conjointement à l’exploitation de la carrière, la société exploite sur le site une usine de broyage-séchage-mélange de produits minéraux naturels qui n’a cessé d’être modernisé depuis sa mise en place afin de répondre avec toujours plus de qualité à la demande de carbonates magnésiens dans les domaines de l’agriculture, l’alimentation animale, les engrais … (extrait du document du groupe MEAC)

Cette activité sera poursuivie sur son emplacement actuel, grâce notamment à la continuité de l’approvisionnement en dolomie à partir de la carrière sis à proximité. (suite extrait du document du groupe MEAC)

Dossier de présentation du Groupe MEAC

carbonates magnesiens à destination de l'agriculture

Carbonates magnésiens à destination de l’agriculture, de l’alimentation animale et des engrais …

Toxicité alarmante

L’expert du tribunal administratif de Nimes met en garde le Préfet.

Laurent Duparc, expert judiciaire, mandaté par le tribunal administratif de Nimes, a écrit une lettre d’urgence, au vu de la situation catastrophique des résultats de toxicité alarmante sur les communes de Thoiras, Saint Felix et des communes avoisinantes impactées par cette pollution.

Extrait de la lettre de Laurent Duparc, expert du tribunal de Nimes

Extrait de la lettre de Laurent Duparc, expert du tribunal de Nimes adressée au Préfet du Gard


Saint Félix de Pallières et Thoiras : Zone interdite

Et d’exprimer au préfet dans sa lettre ci-jointe à ce dossier, qu’une zone (en rouge) doit être confinée et indiquée Zone Interdite. A savoir que cette carrière dans laquelle on exploite des minéraux se trouve à un kilomètre de cette zone en aval de la colline.

Une zone interdite qui comprend l'ancien carreau de la mine et des propriétés de particuliers

Une zone interdite qui comprend l’ancien carreau de la mine et des propriétés de particuliers

Réponse acide du Préfet

La réponse cinglante et acide du Préfet Lauga à l’expert judiciaire, minimise encore une fois la dangerosité du site ! Pour quelles raisons ?

Extrait de la lettre du préfet
« Concernant l’interdiction d’accès à l’ensemble du périmètre élargi visé dans votre courrier, comme je vous l’indiquais ci-dessus l’étude d’interprétation de l’état des milieux rendue publique en 2014 ne préconisait de mettre en place une telle interdiction. Eu égard aux éléments en ma possession à ce jour, cette mesure ne me parait pas proportionnée en application du principe de précaution. »

Pourquoi se référer à ICF Environnement qui est une société privée environnementale, alors qu’un service officiel de l’état, l’Institut Nationale de Veille Sanitaire (InVS) alertait déjà la préfecture en 2010 ? Afin d’apporter des économies sérieuses sur le budget de la santé, était-il nécessaire d’utiliser des sociétés d’environnement privées pour contester les services scientifiques de l’administration de la république, alors que l’état a l’obligation de maitriser les sources de pollution avant de commander une étude de l’interprétation des milieux ?

Conclusions de l’insalubrité par l’INVS

Sur un ancien document de l’Institut Nationale de Veille Sanitaire (INVS) (datant du 14 décembre 2010), l’administration gardoise a déjà pris connaissance à cette époque d’un rapport accablant sur la dangerosité du site.

Est stipulé à la page 5 de ce dossier, les preuves que ce terrain cité par l’INVS est considéré insalubre.

« L’analyse du contexte environnemental lié à l’ancienne exploitation minière de la Croix-de-Pallières met en évidence des concentrations en métaux lourds et métalloïde (antimoine, arsenic, cadmium, plomb) dans les sols très importantes au niveau de l’ensemble du site.
La résidence plus ou moins permanente de personnes ou l’installation d’activités de type agricole sur l’emprise de cet ancien site minier fortement pollué, telles qu’elles sont envisagées, apparaissent donc tout à fait inadéquates, l’état des milieux étant incompatible avec leur usage. Il paraît ainsi nécessaire d’exclure toute activité d’occupation, même momentanée ou transitoire sur ce site, à défaut d’actions immédiates de dépollution ou de confinement. La mise en sécurité de la zone ainsi qu’au minimum une information du public aux abord du site  apparaissent de plus indispensables. »

Dans cette constatation, comment peut on de nos jours, contester la lettre de l’expert judiciaire ainsi les lettres des scientifiques du CNRS ?(on ne peut pas, mais on le fait quand même !)

Oh Surprise …  tout a disparu !

Commission locale d’environnement

Alors qu’un ancien arrêté préfectoral de 2003 donne une autorisation d’extension à la carrière pour une durée de 30 ans, notamment pour l’exploitation et la commercialisation de minéraux à destination de nourriture pour animaux d’élevage (donc jusqu’en 2033), soudainement le 03 Octobre dernier, suite à une réunion en urgence, d’une commission locale d’environnement présidé par le maire de Thoiras (avec les représentants de la carrière, de la préfecture, et des diverses administrations), 25 % de l’exploitation de cette carrière n’a plus lieu et n’existe plus !

Rhooooo … incroyaaaaaaaable ! un véritable manque à gagner qui s’évapore d’un coup, pour la Société Henri Leygue.

Plus sérieusement, nous nous posons la question à quelle date, 25 % de l’activité principale de cette carrière a été arrêtée et pour quelle raison ? Stopper de cette façon 25 % de son activité et renoncer ainsi à une telle manne financière, alors qu’un arrêté préfectoral donnait l’autorisation pour 30 ans d’exploitation, nous semble sacrément suspect, surtout quand on sait quelle pollution toxique et quel scandale alimentaire peuvent se cacher derrière ce soudain arrêt d’exploitation. Faut-il croire sur leur bonne foi quand à la non exploitation si bien spécifiée dans ce document ? Quelles preuves nous donnent-ils d’ailleurs ? Aucune !

Extrait du Dossier de présentation du projet du groupe MEAC

Extrait du Dossier de présentation du projet du groupe MEAC

Certitudes et constatations

Une chose est sûre … et ces documents l’attestent, 25 % de ces minéraux de la carrière de Thoiras ont bien été exploités pendant de nombreuses années, à destination des animaux pour la consommation humaine, mais aussi à des engrais destinés à l’agriculture pendant des années … tout cela sans aucune traçabilité. Aucun principe de précaution n’a été pris au regard des toxiques qui constituent l’ensemble des minerais présents sur les communes de Thoiras et Saint Felix de Pallières. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir été alerté par des expert toxico-chimistes indépendants, ou un expert mandaté par le tribunal sur la toxicité des lieux, des sols, de l’air et de l’eau, aux alentours de Saint Félix de Pallières et de Thoiras.

Bonne foi ?

Faut-il croire en leur bonne foi sur la non nocivité des matériaux extraits de la montagne de Pallières où se trouvent les anciennes mines et les dépôts miniers toxiques maintes fois décriés par les deux toxico-chimistes du CNRS, cela à proximité du village de Thoiras et son ancienne mine déguisée en carrière ?

Pourquoi ne pas dire simplement que la non commercialisation n’est plus effective à ce jour et que pour des raisons sanitaires et sécuritaires, la carrière n’a plus le droit de commercialiser à destination de filière animale ?

Faut-il croire en la bonne parole sur la non commercialisation d’éléments à destination des animaux pour notre consommation ?
Autant de précisions qui nous font douter sur le fond comme la forme !

Changez la forme, le fond reste !

En 2005 la carrière passe de la SAS groupe MEAC à la Sarl Henri Leygue dont nous avons les documents. A savoir qu’une société à responsabilité limitée risque moins qu’un grand groupe … en cas de soubresaut médiatique et d’indemnisation éventuelle vers d’éventuelles victimes au cas où un problème de pollution surgirait du fin fond d’un dossier pollué que l’on tenterait de ne plus montrer par un changement d’activité.

Dans un document du groupe MEAC, nous relevons que la zone de commercialisation concernant la vente de ces minéraux s’étend dans un rayon de 500 km autour de Thoiras. Ainsi on dépasse aisément la région du Languedoc. On peut penser du coup que la production de cette carrière en aliment pour animaux se trouve disséminée dans de nombreux stocks, cela dans une bonne moitié de la France.

L’état ne fera rien !

Que faut-il penser quand l’administration préfectorale botte encore en  touche, en ne donnant pas foi à un expert judiciaire du tribunal administratif de Nimes sur la toxicité d’un site et la dangerosité pour les habitants de vivre dans cette partie du département ? Pourtant le sous préfet du Gard, Gilles Bernard, affirmait dans une réunion à Thoiras (vidéo exclusive de Tv Languedoc, fournie à la journaliste Patricia Loison pour l’émission Pièces à Conviction), que l’état reconnaissait la pollution, mais que l’état de ne ferait rien ! rien ! rien ! … avant de se faire traiter de  » guignol  » par un habitant excédé devant de telles paroles.

Suite du scandale de Saint Félix de Pallières

Si vous avez suivi notre reportage dans le Gard sur la pollution minière à Saint Félix de Pallières, vous avez constaté qu’une pollution importante sévit depuis longtemps dans cette région des Cévennes.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=nRfw2OSKhmM&w=640&h=360 ]

En effet, au pied de la mine de Saint Félix de Pallières, sur le village gardois de Thoiras, on exploite également une carrière (une ancienne mine) qui, par rapport à son extraction, laisse échapper des poussières toxiques. Le site de Pallières est l’un des endroits les plus riches en métaux traces toxiques.

Mine de la ferriere… une ancienne mine devenue carrière

Mine de la Ferrière… une ancienne mine devenue carrière

Contamination par les poussières de Thallium

Le Thallium omniprésent sur les mines de Pallières est un des poisons le plus puissant que l’on puisse rencontrer sur un site minier, avec le Chrome 6  et l’Arsenic 3 (Trioxyde d’arsenic). Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thallium

Celui ci était utilisé notamment dans la fabrication de la mort aux rats ainsi que pour l’empoisonnement d’opposants politiques.
Si vous trouvez du thallium pur à l’état métallique, le simple fait de le toucher est extrêmement dangereux.

Qu’en est il aujourd’hui en 2016 ?

Ces résidus dangereux que les services administratifs nomment par détournement de langage  » stérile minier  » sont en fait une poudrière d’éléments extrêmement toxiques situés près des puits, entreposés aux quatre vents, éléments toxiques accessibles à tous sans aucune barrière de protection pour en interdire efficacement l’accès, afin d’éviter tout risque éventuel d’empoisonnement et de contamination. Au contraire, il existe même un sentier de petite randonnée PR 13 parcourant ces résidus miniers. Nous y avons croisé lors d’un de nos reportages d’investigation, une dizaine de jeunes filles scouts prenant leur déjeuner à même le sol, à 25 mètres d’un des socles en béton d’un des puits de la mine de Saint Félix de Pallières. Effarant !

Depuis curieusement ce chemin de petite randonnée n’existe plus et fait partie intégrante désormais d’une propriété privée qui jouxtait ce chemin. Il faudra nous expliquer comment un PR peut disparaître des cartes IGN de nos jours ?

Un site minier fortement pollué et par conséquent inhabitable
Paroles de scientifiques

Deux sommités française en toxicologie, André Picot, éminent toxico-chimiste et son collègue Jean-François Narbonne, professeur émérite et toxicologue de métier, écrivent dans leurs conclusions d’enquêtes (et expliqués devant nos caméras) qu’il est impossible de vivre sur ces terrains pollués sans développer des cancers ou des leucémies, études épidémiologiques à l’appui. « la conclusion est sans appel : le site minier est très fortement pollué et, par conséquent, inhabitable. Les sols sont contaminés, mais également l’eau aux couleurs parfois hallucinantes et à l’acidité extrême. » explique André Picot

Cependant, rien n’a été fait depuis près de 50 ans, depuis la fermeture de la mine. Les autorités étatiques, bien qu’au courant de ces problèmes de pollution redécouvrent …  ces problèmes sanitaires en proposant simplement à la population des villages concernés, des analyses de sang organisées par l’ARS (Agence Régionale de Santé).

Cependant si le préfet concède à quelques études complémentaires qui paraissent dérisoires vis a vis de l’urgence de la situation, espérons que les particules toxiques resteront sagement confinées sur les anciennes mines et ne se déplaceront jamais chez les habitants, ni dans les cours d’eau… un peu comme le nuage de Tchernobyl avec les radiations radioactives qui sont restées à la frontière. Un conseil, en cas de grand mistral … fermez les fenêtres !

Des victimes portent plainte

Afin de trouver une solution à leurs problèmes, les victimes réunis en association (ADAMVM) ont (enfin) porté une plainte groupée auprès du tribunal de Marseille, au Pôle Santé Environnement. Contrairement aux précédentes réunions qui ont eu lieu en préfecture pendant des années sans jamais aboutir, sur proposition de l’actuel Préfet de Nimes, Didier Lauga, ce sera donc à la justice de trancher et de décider d’indemniser les victimes les plus impactées.

Situation de la carrière de Thoiras à proximité du gardon

Situation de la carrière de Thoiras à proximité du gardon

Croquettes et granulés sous haute surveillance ?

Qui n’a pas donné à son animal domestique, mais aussi à ses animaux d’élevage, des aliments que l’on trouve dans le commerce sous forme  de croquettes ou de granulés? Que contiennent exactement ces granulés ou croquettes? Des minéraux comme le manganèse, le cuivre, le zinc jusque là … rien d’anormal, si l’on peut dire que tout est normal au vu de certains éléments douteux que l’on trouve souvent dans la composition des croquettes.

Mais jamais, on ne vous parlera de certains minéraux et métaux toxiques qui sont mélangés avec les produits précédemment cités ! Que diriez-vous si on vous disait que ces aliments destinés à votre chien ou à votre chat contiennent de l’arsenic, du plomb, du cadmium, du mercure et entre autre du thallium ? Vous ne seriez sans doute pas content à forte raison. Et pourtant c’est la stricte vérité.

Et les vétérinaires ?

Curieusement, nous ne comprenons pas non plus pourquoi les vétérinaires recommandent à leurs clients de donner des croquettes comme aliments équilibrés pour les chiens et les chats. En sachant qu’aucune traçabilité ne permet de savoir d’ou vient les minéraux que l’on incorpore dans les nutriments accompagnés d’exhausteurs de goût, tout laisse supposer que l’on dissimule à l’insu des consommateurs des produits toxiques dans les croquettes de chiens et de chats supposés être soignés. Un non sens qui risque de poser quelques problèmes dans la profession.

Conclusions lourdes comme des métaux toxiques

Force est de constater que ces documents montrent encore une fois, une anomalie sur la nourriture que l’on donne aux animaux, mais également une désinformation sur notre propre alimentation au détriment de notre santé et de notre sécurité sanitaire. A la lecture des documents que nous avons reçus par courrier (déposés dans la boite aux lettres de notre rédaction), et après vérification de ces documents officiels, nous ne pouvons qu’être inquiets devant ce nouveau scandale alimentaire qui nous touche tous indirectement de toute façon.

Contestation : une urgence toute relative

Comment l’administration gardoise peut-elle devant autant de preuves scientifiques oser contester l’analyse d’experts reconnus comme le toxico-chimiste André Picot ou Jean François Narbonne, mais également Laurent Duparc, expert reconnu par les tribunaux de Marseille sur la dangerosité du site ? Nous laissons à chacun matière à réflexion sur ces faits et vous laissons juge à la lecture de l’ensemble des documents de ce dossier pourri comme les terres Cévenols des Mines de Thoiras et de Saint Felix de Pallières.

Nous pouvons constater qu’à chaque fois qu’un lanceur d’alerte contrarie les décisions de l’autorité, il est contesté. On peut comprendre cette réaction, car c’est un peu le jeu habituel des détracteurs de discréditer celui qui alerte, afin de lui faire perdre toute crédibilité face à sa famille, ses amis, ses voisins, voire ses lecteurs ou auditeurs surtout s’il est un journaliste d’investigation.

Témoignage du lanceur d’alerte

Sur ce sujet précis et en rapport des pièces en notre possession, nous avons donc contacté le lanceur d’alerte Johnny Bowie pour lui demander son avis sur ces documents.

« Dans le passé j’ai déjà eu l’occasion de lire ces documents. J’affirme sur l’honneur le plus absolu que les documents fournis par Tv Languedoc sont authentiques. En 1971, on ferme la mine de St Félix de Pallières et on ouvre la carrière de Thoiras à l’emplacement exact des anciennes galeries minières exploitées par la société Vieille Montagne devenue aujourd’hui Umicore. »

« Si à Thoiras, on ne trouvait pas sur cette carrière, de l’arsenic, du plomb, du cadmium, du mercure et du thallium, où pourrions-nous en trouver ? Très simple  … à Tornac, à Saint Felix, à Anduze, à Corbes, à Durfort, à Fressac, à Mialet, à Saint Sébastien d’Aigrefeuille, à Générargues, à Carnoulès, à Saint Jean du Pin, à Saint du Jean du Gard, et à l’autre Saint Felix, sur la commune de Saint Martin de Valgalgues, dont je précise que les services publiques ont installé les logements et la brigade de la gendarmerie sur des résidus et poisons miniers. (l’adresse de cette gendarmerie en dit long … 6 carreau de la mine de Saint Felix … ça ne s’invente pas) »

Bref c’est stupéfiant !

« Si vous voulez connaitre 95 autres endroits en Languedoc, je suis à votre disposition ! » lance d’un œil grave le lanceur d’alerte Johnny Bowie.

Poussières et Rave Party

Sur l’ancienne mine de la Croix de Pallières, une centaine de rave party recevant 1 000 à 2 000 personnes par soir sont organisées depuis 2008 à Saint Felix de Pallières, occasionnant des nuages de poussières toxiques à cause des longues files de voitures se rendant à ces fêtes via des chemins vicinaux menant à l’ancien carreau(1) de la mine, devenu depuis terrain privé. Au dire du fils du propriétaire, Wilhem Sunt, (notre interview) ces terrains leurs ont été vendus sans aucune information des pollutions présentes. Mais les fêtes continuent …

Résultat: de nombreuses particules fines toxiques sont disséminés aux alentours, au grès des vents dans des périmètres pouvant atteindre 20 à 25 km de rayon. (Si la poussière reste visible, les particules fines ne le sont pas)

(1 … un carreau de la mine désigne l’ensemble des installations de surface (au jour) de la mine (usines, ateliers, laboratoires, scierie, magasins…).

Les  mines, des dossiers empoisonnants même pour des gendarmes

Il suffit de savoir que les dossiers des mines sont des dossiers empoisonnants pour l’administration gardoise comme pour les nombreux préfets qui se sont succédés à Nimes, le soin de découvrir l’ampleur de la catastrophe écologique, devenu au fil du temps un dossier qui pourrait avoir des conséquences criminelles.

Dans un autre dossier que nous avons également en notre possession, (exactement les mêmes pièces de l’article que notre confrère Fabrice Andrès du journal Midi-Libre Alès a traité ces derniers jours), il est effarant de savoir que la gendarmerie de Saint Martin de Valgalgues (Nord d’Alès) est implantée sur une terre contaminée d’une ancienne mine. Une brigade de gendarmes travaillent et habitent sur place.

Le pire est que l’administration de l’époque ne pouvait pas ignorer l’implantation d’une gendarmerie sur un monceau de déchets toxiques.

Pourquoi l’administration traine t-elle ainsi les pieds depuis plus de 50 ans ?

Il est vrai que reconnaître la dangerosité du site, c’est ouvrir la Boîte de Pandore : dépréciation des biens immobiliers ; risques de plaintes individuelles et collectives pour mise en danger d’autrui, pour empoisonnement, etc.

Concéder la catastrophe environnementale et sanitaire sur les hauteurs ouest d’Anduze, c’est prendre le risque, pour les pouvoirs publics, de devoir faire face à des dizaines d’autres dossiers, tout aussi graves, dans la seule ceinture méridionale des Cévennes, où les anciens territoires miniers sont légions.

L’onde de choc serait même nationale, avec sans doute plus de 150.000 anciens sites dangereux, rien que dans l’hexagone. La facture politique et judiciaire pourrait être vertigineuse, en particulier dans les zones urbaines, à l’instar de l’ardoise financière. La dépollution des seules zones les plus contaminées de Saint-Félix et Thoiras coûterait la bagatelle d’une centaine de millions d’euros. (dixit RFI 2014)

Cependant le nouveau code minier et la loi Alur de 2016 risquent de bouleverser les choses … et bientôt de rendre responsable chaque propriétaire de sa propre pollution présente sur chaque terrain sans avoir la possibilité de pouvoir porter plainte un jour contre l’industriel responsable des pollutions engendrées.  L’administration, espérant arriver à un délai de prescription,voila pourquoi rien ne bouge … si ce n’est que les promesses du Préfet, en vue d’indemniser certaines victimes sont devenues caduques.

Rappel historique : Les mines

Après avoir donné du travail à nombre de mineurs et de leurs familles pendant les années d’exploitations de ces mines (tout en les intoxiquant) , l’espérance de vie des habitants de cette région se voit fortement diminuée (cancer, accident vasculaire cérébral, leucémie) suite à la pollution passive et invisible des résidus miniers stockés ici et là,  près des villages, autour de l’ensemble des bassins miniers des Cévennes.

Ce bassin minier situé à partir de Villefort (Lozère) jusque dans l’Hérault en passant par Anduze, tourne autour du plomb, de l’argent, du zinc, de l’or, de l’antimoine, et aussi du charbon et façonne la seconde aventure économique des Cévennes au 19 ème siècle. Une aventure qui durera moins d’un siècle rassemblant plus de 20 000 personnes en 1950. Nationalisé en 1946, sous le titre Houillières du Bassin des Cévennes, le bassin minier vivra la fin de son exploitation quelques années plus tard. La flamme des lampes des gueules noires se fera moucher par l’électricité, le pétrole, le nucléaire, sans oublier les choix politiques de l’époque comme ceux des industriels.

Pour ceux qui ne connaissent pas le fond de ce dossier découvert par le lanceur d’alerte Johnny Bowie
cliquez ici webdoc.rfi.fr

Qui sont André Picot et Jean-François Narbonne ?
André Picot

Toxico-chimiste, Docteur ès Sciences Physiques (Paris) et Ingénieur chimiste du CNAM (Paris).
Ingénieur de Recherche, puis Chercheur au CNRS (Directeur de Recherche) à l’Institut de Chimie des Substances Naturelles. Directeur de l’Unité de Prévention du Risque Chimique du CNRS. Expert français auprès du Comité d’experts scientifiques sur la Surveillance des Atmosphères du Travail, de la Communauté européenne (DGV) Luxembourg. Co-responsable scientifique de l’Enseignement de Toxicologie Fondamentale Industrielle et Environnementale (Association Toxicologie – CNAM, Paris).
Président de l’Association Toxicologie-CNAM ( Paris).
Actuellement, Directeur Honoraire au CNRS de Gif s/Yvette et Professeur d’Université. Il enseigne dans les formations en Toxicologie Fondamentale et Appliquée, DNAM, IMIE, en Pharmacologie et Toxicologie fondamentales, ainsi que sur les risques chimiques.
A occupé les postes de chimiste organicien au Centre de Recherche de Loussel-Uclaf (Romainville). Spécialité : stéroïdes (hormones corticoïdes, oestrogènes …). Auteur de nombreuses publications scientifiques et de deux ouvrages en toxicochimie.
source : http://historique.icsn.cnrs-gif.fr/spip.php?article23

Jean-François Narbonne

Docteur en nutrition, docteur è sciences, Jean-François Narbonne est bien connu pour son franc-parler. Expert faisant régulièrement la Une des médias lors de la catastrophe de l’Erika, ses compétences sont également largement reconnues en matière de dioxines. Le chercheur a été aussi sollicité dans le différend opposant le laboratoire Bayer, fabricant l’insecticide Gaucho, et les apiculteurs. Fondateur et directeur du Laboratoire de Toxicologie Alimentaire Université Bordeaux 1 en 1981, depuis devenu Groupe de Toxicologie Biochimique au sein du Laboratoire de Physico & Toxico-Chimie des Systèmes Naturels (UMR CNRS 5472), professeur de Toxicologie à l’Institut des Sciences et Techniques des Aliments et au Master Environnement et Risques Industriels, Université Bordeaux 1, depuis 1989, l’homme affiche plus de 190 Publications (articles de revues et ouvrages), plus de 200 communications à des congrès en Toxicologie Alimentaire et de l’Environnement et participe aux programmes de recherche européens BIOMAR (biomarqueurs de pollution dans les organismes marins), puis BEEP (Biological Evaluation of Environmental Pollution).

J.-F. Narbonne mène de nombreuses activités d’expertise sur l’évaluation et la gestion des risques auprès des Pouvoirs publics français (Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France, Président du groupe de travail « Contaminants Alimentaires » du CSHPF, Expert auprès de l’AFSSA – Comité d’experts spécialisés Contaminants Chimiques et Physiques depuis 2000 – et à l’Institut national de veille sanitaire). Actif au plan européen, il a mis son expertise au service de la CEE (Groupe Ad Hoc d’expertise sur « Les Dioxines dans les aliments » et « Acrylamide » du Scientific Committee for Food de l’Union Européenne), du Conseil de l’Europe, mais aussi de l’ONU. Enfin, il mène, depuis 1991, une activité de Consultant en Toxicologie Alimentaire et Environnementale auprès de structures privées (ADECTox, ALITOX, BIOTox). source http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=638

Enquête de Thierry Jirkovsky et Nadia Lavigne

Thierry Jirkovsky Nadia Lavigne - Tv Languedoc

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